Synthèse de l'enquête

Armani et l'iris : du minimalisme milanais à la porcelaine céladon

Une maison à deux visages iris — le grand public discret et le niche conceptuel unique.

Points clés

Armani est la seule maison de la série à proposer simultanément deux niveaux d'engagement iris aussi différents : Sì (2013, grand public, iris comme liant dans un accord chypré-fruité-cassis) et Iris Céladon Privé (2017, exclusif, iris comme sujet unique dans un accord iris-chocolat-maté inédit). C'est l'équivalent Armani du fossé entre un parfum de masse Lancôme et son Grand Cru L'Artisan — au sein d'une seule maison.

L'accord iris-chocolat-maté d'Iris Céladon est unique dans toute la série de 18 maisons. Le chocolat s'associe au cacao dans Gentleman Boisée (Givenchy), à la praline dans LVEB (Lancôme) — mais jamais à un concentré d'iris et à une absolue de maté dans le même cœur. L'amertume froide du maté amplifie la facette terreuse-minérale de l'iris ; le chocolat adoucit et unit. C'est un triptyque olfactif botanique inédit.

Le concept coloristique du céladon est la communication culturelle la plus précise d'Armani sur l'iris. Le céladon — couleur de la porcelaine Song chinoise, XIe–XIIIe siècle — est décrit par Giorgio Armani comme « ni bleu, ni vert, ni gris, une teinte indéfinissable ». Cette indéfinissabilité est exactement le profil olfactif de l'iris pallida : ni floral, ni poudré, ni terreuse — une note que personne ne peut tout à fait nommer.

Alberto Morillas relie Armani à deux autres maisons de la série SFIB. Morillas signe Acqua di Gio (Armani, 1996), Flower by Kenzo (2000) et Sì (Armani, 2013). C'est le parfumeur-pont de la série — trois maisons différentes, même architecture ionone-accord-aquatique. Sa présence chez Armani est la même que chez Kenzo : un maître des ionones au service de la note populaire.